Sortie le 7 septembre 2016. Réalisé par David Mackenzie. Avec Jeff Bridges, Chris Pine et Ben Foster.

Après un été peuplé de mauvais blockbusters oubliables à quelques exceptions près, Comancheria permet de respirer à nouveau malgré la chaleur étouffante d’un Texas en friche. On est loin du paradis reluisant et clinquant que nous offre d’habitude les cartes postales. La comancheria, territoire occupé jusqu’au milieu du XIXè siècle par les indiens et dont les terres ont été volées par les hommes blancs, est aujourd’hui une région désolée convoitée par les banques pour l’or noir qui grouille sous les champs. Comme pour les vieux western à la John Wayne, c’est à celui qui sauvera sa peau et celle de ses proches. C’est un retour au far west sur des montures rouillées, mais avec en prime la désillusion d’une Amérique dont le rêve est lavé. C’est au demeurant une tirade récurrente dans le film, personne ne s’en sort jamais, et rien n’est comme autrefois. La crise est passée par là et sans manichéisme, David Mackenzie et le brillant scénariste Taylor Sheridan propose un regard contemporain sur l’Amérique en se tournant vers deux frères braqueurs de banques, l’un rompu au vol, l’autre père de famille. C’est beau et épuré, sans jugement. L’épuration se retrouve d’ailleurs partout, dans la manière de filmer, dans les décors et les dialogues. Ce n’est peut-être pas du grand Cinéma mais ce film a le mérite de traiter pleinement son récit en prenant son temps. L’agréable surprise a été le jeu de Chris Pine et Ben Foster, qui ne nous avaient pas habitués à tant de retenue et de finesse. Je gage que leur carrière peut prendre un joli tournant durant les prochaines années, je me tiens prête. Je suis sortie de la salle avec un manque, celui d’avoir quitté trop tôt ces champs déserts et brulés.

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Chris Pine et Ben Foster
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