La première lettre ouverte que j’ai fait, c’était pour Peter Jackson. Je dois avoir un lien sacré avec la Nouvelle-Zélande car aujourd’hui, c’est à son compatriote Russell Crowe que j’écris cette lettre d’amour enflammée qu’il ne lira bien sûr jamais. Ce billet est le premier d’une série de trois articles dont le sujet central sera l’acteur, avec une lettre ouverte donc, une réflexion sur le métier de comédien et pour finir l’interview d’un acteur français qui fait l’actualité depuis plusieurs années maintenant. J’espère que vous ne serez pas gavé à la fin de la semaine.

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Gladiator, Ridley Scott, 2000

Cher Russell,

        Les gens qui me connaissent vraiment diront qu’il était temps que je parle de toi dans mon blog. C’est que tu fais parti d’un moment sombre et quelque peu honteux de ma vie… Vois-tu à 13 ans je voulais t’épouser. Je ne t’ai pas découvert dans Gladiator comme la plupart des autres mortels mais avec L’Echange, Proof of Life en anglais. J’avais 13 ans donc, c’était une des premières fois où j’avais le droit de regarder les films du mardi et dimanche soir. Déjà mon film préféré était The Thing de John Carpenter et celui que j’avais le plus vu était Alien, le huitième passager. J’avais un poster immense de Denzel Washington dans ma chambre, une figurine du troll des cavernes de La Communauté de l’Anneau et des adaptations des romans de Stephen King en DVD. Et un mardi, sur France 2, est passé ce film avec Meg Ryan et toi que je ne connaissais pas. Pas un grand film non, même si à l’époque je l’avais adoré, mais toi tu étais là avec tes yeux de saint-bernard et moi j’étais avec mes larmes quand Meg Ryan ne te choisit pas à la fin. Depuis je ne peux plus la blairer, ce sentiment de trahison que j’ai connu à 13 ans est resté, comment ça elle n’a pas choisi le mec musculeux en marcel, mal rasé et au regard de braise!!!?? J’ai ensuite vu toute ta filmographie, des pires navets (Programmé pour tuer, Heaven’s burning, Une grande année) aux plus grands films (Un homme d’exception, Gladiator, Révélations, L.A ConfidentialRomper Stomper). Cette filmographie disparate, je l’ai dévorée, chérie et appréhendée tellement elle était jonchée des pires navets comme des plus grands chef-d’œuvres. J’ai détesté ces grands réalisateurs qui avaient gâché ton talent dans de purs bousins (Darren Aronofsky, Ridley Scott et Sam Raimi, ne vous cachez pas on vous voit!). Durant toute mon adolescence naïve j’ai cru que tu viendrais me chercher le jour de mes 18 ans pour m’épouser, à dos de tracteur une rose à la bouche sur son de musique de ton groupe Thirty Odd Foot Of Grunts. Comme si tu allais quitter ta somptueuse femme blond platine pour mes insignifiantes bouclettes et mes robes à fleurs. Au lycée ton prénom est devenu mon sobriquet, délicatement choisi par mon meilleur ami qui depuis presque dix ans m’appelle toujours ainsi (Paul je sais que tu me lis 😉 ). Heureusement j’ai grandit, j’ai (un peu) mûrit, mais mes goûts d’homme sont à ton image, il n’y a qu’à voir mon bonhomme pour comprendre que j’en aurais jamais marre des balèzes barbus. Je ne sais pas si c’est toi qui a forgé mes goûts ou si j’ai craqué sur toi parce qu’ils étaient déjà bien encré dans mon cerveau fou. Mais c’est surtout ce charisme, cette prestance et cette voix caverneuse qui font mon attachement profond. Des fois tu me surprends encore, comme avec le poilant The Nice Guys où ton duo avec Ryan Gosling sonne comme une évidence. Souvent tu me désespères comme avec ce décevant La Momie, même si je comprends pourquoi tu as accepté le rôle de Henry Jekyll qui aurait pu être si passionnant. Tu as accepté beaucoup de mauvais rôles dans ta carrière, tu en as refusé d’autres qui ont échu à Hugh Jackman qui doit dire ton nom dans ses prières chaque soir. Cela fait longtemps que je ne prononce plus à tout va le tien, d’autres acteurs barbus sont venus, mais je continuerai à te suivre de près, avec toute mon exigence de cinéphile et toute la naïveté que j’avais quand mon chemin à croisé ta route.

Avec mon éternel amour,

Marion.

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La Momie, Alex Kurtzman, 2017
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